Une étude de l’Insee datée d’avril 2018 met en lumière un phénomène dont on parle assez peu : le sous-peuplement des logements chez les seniors, c’est-à-dire les personnes de plus de 60 ans qui habitent dans un logement ayant plus de pièces que nécessaire. Si l’attachement à un domicile qui possède généralement une forte valeur sentimentale est tout à fait compréhensible, vivre dans un logement trop grand génère aussi son lot de difficultés…

Définition de l’indice de peuplement d’un logement

L’indice de peuplement d’un logement caractérise le degré d’occupation du logement, par comparaison entre le nombre de pièces qu’il comporte et le nombre de pièces nécessaires au ménage. Ainsi, une occupation considérée « normale » s’entend par :

  • un séjour ;
  • une pièce pour chaque personne de référence d’une famille ;
  • une pièce pour les personnes hors famille non célibataires ou les célibataires d’au moins 19 ans ; Pour les célibataires de moins de 19 ans, on compte une pièce pour deux enfants s’ils sont de même sexe ou ont moins de 7 ans, sinon, une pièce par enfant.

A partir de ce point de référence, on considère qu’il peut y avoir surpeuplement modéré (1 pièce manquante) ou accentué (2 pièces manquantes ou plus). A l’inverse, il peut y avoir sous-peuplement modéré si le logement compte une pièce de plus que la norme, sous-peuplement prononcé s’il compte deux pièces de plus et sous-peuplement très accentué s’il compte au moins trois pièces de plus.

Le sous-peuplement concerne une large partie des seniors français

Graphe montrant le taux de sous-peuplement des logements en France chez les seniors.En France, plus de neuf seniors sur dix vivent en sous-peuplement modéré (voir définition ci-dessus). La part de ceux vivant en sous-peuplement très accentué est de 37,3 % selon l’Insee, 39,5 % en prenant en compte uniquement la province. Comme l’indique le graphe ci-contre, la Bretagne est championne en la matière avec un taux de plus de 50 %, suivie par le Grand Est.

Lorsqu’il prend une forme extrême, le sous-peuplement peut s’avérer source de difficultés dans le cadre du vieillissement. La consommation énergétique potentiellement importante peut peser sur le budget de ces ménages. Les difficultés physiques des occupants et le coût de l’entretien de ces grands logements peuvent également contribuer à leur dégradation.
L’adaptation du logement à la dépendance peut en outre y être moins aisée, surtout dans le cas de logements individuels à plusieurs étages.

L’Insee rappelle en outre que ce phénomène de sous-occupation pourrait s’accentuer dans les années à venir, d’une part avec le vieillissement naturel de la population, et d’autre part avec les seniors d’aujourd’hui privilégiant plus facilement les grands logements que ceux d’hier.

Location, colocation, chambre chez l’habitant : les solutions pour lutter contre ce sous-peuplement

Il est bien souvent difficile voire impensable pour ces personnes âgées d’imaginer se séparer de la maison dans laquelle ils vivent depuis des années, qui regorge généralement d’innombrables souvenirs de famille, et qu’ils ont parfois construite. Ceux qui préfèrent continuer d’y vivre malgré sa trop grande taille ont alors des solutions pour générer un complément de revenus et pour les aider à l’entretenir.

Les chambres inoccupées intéresseront sans doute de jeunes locataires étudiants ou jeunes travailleurs et pourront être louées en tant que « chambres chez l’habitant » (en savoir plus sur la marche à suivre pour louer une partie de son logement). Dans certains cas, la maison est aménageable pour rendre ces chambres indépendantes, ce qui peut faciliter leur location.

La colocation, qu’elle soit entre seniors ou bien intergénérationnelle sont également de bons moyens d’allier l’utile à l’agréable : réduire le budget logement et bénéficier d’une présence au domicile, parfois bien utile pour les plus fragiles.