C’est le dossier bouillant du moment : le gouvernement a annoncé ce samedi 22 juillet que les APL baisseront de 5 euros pour tous les bénéficiaires dès le 1er octobre 2017, soit 60 euros en moins chaque année.  Si la mesure a provoqué un tollé notamment parmi les étudiants, il faut rappeler l’origine de cette idée : les APL ont un effet inflationniste sur les loyers. Emmanuel Macron en avait d’ailleurs parlé pendant sa campagne.

Le gouvernement cherche à réaliser des économies, et a choisi de s’attaquer aux APL : à partir du 1er octobre 2017, elles baisseront de 5 € pour les 6,5 millions de français qui en bénéficient. L’économie espérée s’élève ainsi à 100 millions d’euros d’ici la fin de l’année, et 400 millions en 2018. Parmi les bénéficiaires impactés, 800.000 sont des étudiants. Les deux principaux syndicats étudiants sont d’ailleurs immédiatement montés au créneau pour dénoncer ce coup de rabot sur une aide « indispensable pour l’accès au logement » (Lire le communiqué de l’UNEF).

5 €, la somme qui divise

Pour une partie de la population, 5 euros, cela reste une somme qui ne fera pas grand mal dans un budget mensuel. Certains internautes ironisent même en faisant l’analogie avec des dépenses équivalentes et un peu superflues souvent associées aux jeunes comme un kebab, une bière ou des cigarettes.

Du côté des bénéficiaires en revanche, si certains pointent du doigt l’injustice face à d’autres pistes de rentrées d’argent comme la baisse prévue de l’ISF ou la lutte nécessaire contre l’évasion fiscale, d’autres ont rappelé que ces 5 euros peuvent représenter beaucoup pour les personnes qui vivent avec peu de ressources.

Pour Nathalie Appéré, maire PS de Rennes et présidente de l’Anah, « alors que 11 millions de français terminent le mois avec moins de 10 euros, le gouvernement doit renoncer d’urgence à cette baisse aveugle ». Aveugle en effet, car tous les bénéficiaires sont concernés sans conditions, ce qui renforce le sentiment de colère pour les plus démunis.

Il faut toutefois rappeler qu’aucune suppression des APL n’est à l’ordre du jour, il s’agit seulement d’une réduction.

Les APL, des aides dans le collimateur depuis quelques temps

Si les aides au logement servent à la base à améliorer l’accès au logement des locataires modestes, elles augmentent en parallèle leur solvabilité. Par conséquent, depuis leur mise en place, les propriétaires ont peu à peu profité de ce phénomène pour augmenter artificiellement leurs loyers, absorbant ainsi 60 à 80 % de l’aide selon une étude de l’Insee de 2014. Jean-Noël Barrot, député de La République en marche! des Yvelines a également affirmé à Europe 1 : « Quand on donne un euro d’APL à un foyer, entre 50 et 70 centimes partent dans des hausses de loyer ». Les  APL sont donc devenues une piste privilégiée pour réaliser des économies, quoique particulièrement sensible. En 2016 déjà, le gouvernement avait entamé des mesures visant à restreindre ces aides de la CAF, aussi bien vis-à-vis du patrimoine des bénéficiaires que du loyer des logements.

Nous en parlions aussi ici pendant la campagne présidentielle : Emmanuel Macron reconnaissait ce phénomène inflationniste des APL, il fallait donc s’attendre à ce qu’il poursuive ce travail de baisse progressive. Le moment semble cependant mal venu pour le président, entre les problèmes d’admission pour les étudiants et les tensions du côté de l’armée…