Source image : digischool.frUne demi-année après la mise en œuvre de la réforme des APL du 1er janvier 2021, l’heure est au bilan. Combien de bénéficiaires ont été vraiment impactés ? Les allocataires sont-ils plus ou moins nombreux ? Selon les premières estimations, les espoirs que le gouvernement avait de réaliser des économies semblent se concrétiser…

Un article paru dans le journal Les Echos début juin 2021 a compilé les données de plusieurs sources pour tenter de connaître l’impact réel de la réforme des APL. Pour rappel, cette réforme portait sur l’adaptation des aides au logement en « temps réel » par rapport aux revenus (douze derniers mois), alors qu’auparavant les revenus de référence étaient ceux d’il y a deux ans. Ce faisant, l’Etat a tablé sur une économie de 500 à 700 millions d’euros en 2021, signe d’une diminution prévue du nombre d’allocataires et/ou du montant des aides versées individuellement. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Chiffres de l’Union nationale pour l’habitat des jeunes

A défaut d’étude d’impact produite par le Gouvernement, l’Union nationale pour l’habitat des jeunes (Unhaj) a analysé ses propres données et publié une étude début juin sur un échantillon de 4000 jeunes. Selon cette étude, la nouvelle version des APL a fait baisser leur montant à plus de monde (39 % d’allocataires en baisse contre 28 % avant la réforme) et l’ampleur de cette baisse est également plus importante : 118 euros de pertes au lieu de 90 euros. La part d’allocataires « gagnants » diminue très légèrement (de 17 à 15 %) mais le gain est un peu plus important (+49,4 euros contre +45 € avant).

Chiffres de la Caisse nationale d’allocations familiales

Le ministère des Solidarités a publié quelques données « semi-définitives » issues de la Caisse nationale d’allocations familiales qui gère les APL. Selon elle, le nombre de foyers bénéficiaires des aides au logement a baissé de 8,4 % en janvier 2021 par rapport à décembre. Même s’il y a toujours des baisses du nombre de bénéficiaires en janvier (-5,6 % en 2020, -5,4 % en 2019), celle-ci est plus importante et est à l’évidence due au nouveau calcul des APL.

Toujours d’après la CNAF, environ un tiers (32 %) des allocataires n’ont pas subi d’impact direct de la réforme. 26 % ont vu leur allocation augmenter (dont 9 %  auraient subi une perte sans la réforme), et 41 % ont au contraire connu une diminution de leur aide.

Tout porte donc à croire que les objectifs d’économies du gouvernement seront tenus, bien que l’on ne connaisse pas encore la somme totale économisée réellement. Le ministère du Logement devrait normalement produire un bilan après l’été.