Après avoir étudié le programme immobilier de François Fillon, faisons aujourd’hui le point sur celui d’Emmanuel Macron, le candidat d’En Marche ! pour la présidentielle de 2017.

1) Le « bail mobilité » : plus de souplesse pour un meilleur accès au logement

Le logement, c’est un peu comme l’emploi : plus les salariés sont protégés, moins les employeurs sont enclins à embaucher. Les contrats de location, encadrés par la loi du 6 juillet 1989, sont particulièrement protecteurs et les démarches sont longues, côté propriétaire, lorsque le locataire en vient à manquer à ses obligations. Mécaniquement, l’accès au logement est devenu d’autant plus restrictif, les bailleurs multipliant les garanties et les critères de sélection.

Partant de ce constat, Emmanuel Macron souhaite expérimenter un type de bail alternatif, qu’il nomme pour l’instant « bail mobilité« , réservé aux publics les plus précaires (sans garant, en CDD, en recherche d’emploi,…). Ce bail aurait une durée de moins d’un an et donnerait moins de droits aux locataires, facilitant ainsi leur accès au logement. On imagine par exemple que,  à l’instar du bail étudiant actuel, il ne serait pas reconductible tacitement, et que la reprise du logement par le propriétaire sera facilitée.

Ce bail serait réservé aux zones tendues, où les besoins de logement sont forts, et serait encadré pour éviter qu’il se généralise. Macron veut aussi profiter de ce bail mobilité pour résorber la fuite des bailleurs privés vers les plateformes de location touristique type Airbnb.

2) Concentrer la construction dans les zones tendues

Extrait des premières propositions du candidat Macron pour le logement.

Conscient que les loyers ne diminueront durablement qu’en augmentant l’offre de logements, Emmanuel Macron veut mener un effort de construction. Mais cet effort sera « utile » : il ciblera essentiellement les zones qui en ont vraiment besoin (les grandes métropoles). Le candidat met ainsi au placard les traditionnels objectifs nationaux de construction, et préfère construire moins mais en ciblant mieux. Quitte à avoir recours à des dispositifs exceptionnels pour faciliter les mises en chantier.

Ses objectifs : 70.000 logements en Ile-de-France par an contre 45.000 aujourd’hui et 45.000 en PACA, contre 30.000 actuellement (source Nouvelobs.com).

3) Encadrement des loyers : on évalue d’abord

Dans un premier temps, Macron maintiendra l’encadrement des loyers en l’état (à Paris et à Lille). Il souhaite évaluer son efficacité et si besoin (notamment si l’offre arrive à suivre la demande), la mesure sera ajustée ou supprimée. Bien qu’il dénonce certains « effets pervers » de l’encadrement des loyers comme la fuite des investisseurs, il concède que la loi avait permis « malgré tout une petite modération » des loyers (propos extraits de Europe 1).

Concernant l’ensemble des dispositifs actuels, la ligne de conduite du candidat est d’éviter l’instabilité légale et fiscale que les investisseurs craignent tant, donc aucun bouleversement soudain n’est à craindre a priori. En particulier, le dispositif Pinel devrait être maintenu.

4) Plus de transparence dans le logement social

Emmanuel Macron propose de développer les bourses en ligne facilitant les candidatures et de rendre transparent et prévisible le mécanisme de cotation des demandes. Il propose également d’augmenter la part d’intermédiation locative (gestion ou location d’un logement du parc privé par une association pour y loger des ménages à faibles ressources) en mobilisant davantage les bailleurs sociaux, avec l’objectif de 40 000 places supplémentaires sur le quinquennat, pour passer de 25 000 à 65 000.

L’offre de logements intermédiaires (entre le privé et le social) devrait également être renforcée.

5) Les APL ont un effet inflationniste

Macron dénonce le budget énorme que représentent les APL (18 milliards d’euros) alors que ces aides bénéficient surtout, selon lui, aux propriétaires qui ont augmenté leurs prix par un mécanisme d’inflation : « tout le monde reconnait qu’il y a un effet inflationniste dans ce dispositif » (extrait de vision-macron.fr). On peut donc raisonnablement penser qu’une réforme ou une baisse de budget du côté des APL est à prévoir si Macron accède au pouvoir.

6) Booster la rénovation énergétique

Le candidat souhaite faire revenir l’investissement sur la rénovation thermique pour les plus modestes. Les objectifs chiffrés de rénovation de logements sont de 500 000 par an, concentré pour 200 000 par an sur les passoires énergétiques, permettant de traiter la moitié des 2 millions de logement en précarité énergétique. Pour atteindre cet objectif, le dispositif de financement des ménages (actuellement un crédit d’impôt) sera converti en subvention afin de limiter l’avancement de trésorerie.

7) Suppression de la taxe d’habitation

Emmanuel Macron veut supprimer la taxe d’habitation pour 80 % des Français. La mesure, qui coûterait environ 10 milliards d’euros, a bien sûr effrayé les collectivités locales. Le candidat les a rassuré en leur promettant qu’elles ne perdront rien grâce à des compensations.