Le Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) a publié le 30 septembre dernier une enquête à propos de ce qu’ils attendent en termes de politique de logement. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les résultats sont aussi variés que les situations des quelques 2000 personnes interrogées… Cependant quelques tendances se dégagent.

A la question « Selon vous, quelle devrait être la priorité des pouvoirs publics en matière de logement ? » posée lors de l’enquête, voici comment se répartissent les réponses :

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Entre les classes moyennes désirant accéder à la propriété, les ménages modestes qui croulent sous les dépenses de logement, le manque de logements ou les jeunes en difficulté pour trouver un toit, les attentes sont très nombreuses et caractérisent la situation compliquée du logement en France. Curieusement, les personnes interrogées n’ont pas manifesté d’intérêt pour le développement du parc locatif privé, alors qu’il s’agit sans doute de LA mesure à prendre pour débloquer le problème des prix du logement, certainement plus bénéfique que la distribution d’aides qui ne sont finalement que des pansements artificiels.

Des Français désirant accéder à la propriété, mais freinés par les prix

Les classes moyennes supérieures, les personnes en couple et celles ayant entre 25 et 39 ans sont celles qui réclament le plus des dispositifs d’accession à la propriété, ce qui est logique puisque ce sont elles qui sont le plus prêtes à acheter. Avec l’augmentation des prix, il est devenu maintenant très difficile pour une personne seule d’acheter son logement : en 1990, seuls 35 % des accédants à la propriété étaient des couples bi-actifs, contre 62 % aujourd’hui.

Peu nombreux sont les locataires qui n’envisagent pas l’idée de devenir un jour propriétaire. Mais la contrainte financière est très forte : 22% d’entre eux indiquent que le principal levier qui les inciterait à acheter un logement serait de disposer de revenus plus importants, 23% disent que l’élément déclencheur pourrait être une baisse des prix d’achat des logements et les locataires du parc social soulignent que des conditions de crédit plus favorables pourraient jouer.

L’écart se creuse entre locataires et propriétaires

L’enquête montre par ailleurs que les locataires se différencient de plus en plus sociologiquement des propriétaires : alors qu’en 1970 les niveaux de vie d’un côté et de l’autre étaient similaires, aujourd’hui le revenus des locataires est inférieur de 38 % à celui des propriétaires. L’accès à la propriété s’est fait de manière hétérogène, seuls les plus aisés ayant pu en bénéficier malgré l’envolée des prix.

L’impossibilité d’acheter oriente de nombreux locataires vers d’autres priorités : le soutien au logement social, qui est réclamé par les personnes plus fragiles, les locataires et les habitants de région parisienne, l’augmentation des aides (APL en particulier), ou l’aide aux jeunes actifs.  Quant à l’aide à la rénovation des logements anciens est plus particulièrement évoquée par les habitants de zone rurale.

Des aides au logement pas assez connues du grand public

Si les APL sont très largement connues (8 personnes sur 10), les autres aides le sont moins. Par exemple, 53 % des personnes interrogées connaissent le prêt à taux zéro (PTZ), qui est mieux identifié par les accédants que par les catégories modestes auquel il est pourtant destiné, et seuls 14% des Français connaissent l’éco prêt à taux zéro.

N’hésitez pas à consulter notre Guide de la Location pour en savoir plus sur les aides au logement destinées aux locataires.