Chauffage - Crédit photo : franceinfo.frDepuis la Convention citoyenne pour le Climat de 2019, le terme de « passoire thermique » est passé dans le langage courant et  le gouvernement a inscrit la rénovation de ces logements comme une priorité en matière de transition écologique. Dans ce contexte politique visant à sortir du marché locatif les logements les plus énergivores et à accompagner les ménages français pour la rénovation énergétique de leur logement, une étude vient de paraitre visant à cartographier les caractéristiques de ces logements. Et il est intéressant de noter que certains facteurs sont plus déterminants que d’autres en terme de DPE. Alors, en matière de consommation énergétique, quels types de logements sont les plus mauvais élèves ? On vous explique tout !

17 % de passoires thermiques

Pour rappel, d’un point de vue légal, une passoire énergétique (ou thermique) est un logement dont le DPE est noté F ou G. C’est-à-dire un logement dont la consommation énergétique est supérieure à 330 kWh par m² et par an. La moyenne nationale se situant à 190 kWh par m² et par an.

Les passoires thermiques sont donc des logements ayant un double problème : économique et écologique. En effet ces logements comportent ce qu’on appelle des « ponts thermiques », expression qui désigne la déperdition majeure de l’énergie. Pour dire les choses simplement : ils font entrer l’air froid en hiver et l’air chaud en été. Difficiles à chauffer, ce sont donc des logements extrêmement énergivores. Les passoires thermiques posent alors un véritable problème en matière d’écologie car ils impliquent une consommation d’énergie supérieure à la normale. Et ce phénomène touche aussi bien les logements du secteur privé que public. Ainsi, la France compterait aujourd’hui environ 4,8 millions de logements très énergivores dans l’ensemble de son parc immobilier. Soit près de 17 % des logements !

Ces logements présentent également un enjeu social important. En effet, ils sont le plus souvent occupés par des ménages dans une situation de précarité. Ceux-ci sont confrontés à des difficultés pour payer des factures de chauffage très lourdes et n’ont pas les moyens de financer les travaux de rénovation énergétique qui seraient nécessaires pour faire baisser la note. C’est la raison pour laquelle la rénovation énergétique est devenue une priorité nationale et la notion de décence énergétique inscrite dans la loi.

Les logements les plus touchés

Face à ce constat, et suite à l’étude statistique publiée par le Ministère la Transition Écologique en 2020, l’agence Flatlooker s’est penchée sur cette question et a analysé les caractéristiques des logements les plus énergivores à partir de données recueillies sur 1 718 logements à Paris. Elle vient de publier en janvier 2021 une étude qui confirme celle du ministère.

Concrètement, ce qu’il faut en retenir, c’est que 4 grandes caractéristiques influent sur la performance énergétique d’un logement.

  • La date de construction

Tout d’abord, il semble évident que plus un logement est récent, plus il respecte des normes de construction intégrant des enjeux de performance énergétique élevée. Ainsi, l’étude de Flatlooker ne comptabilise quasiment aucune passoire thermique pour les logements construits après 1990.

Plus surprenant par contre, cette étude montre qu’il y aurait proportionnellement moins de passoires thermiques pour les constructions d’avant 1970 que pour les logements construits entre 1970 et 1990. Et cela parce que ces logements auraient « mieux vieillis ». Une analyse qui diffère sensiblement du résultat des statistiques gouvernementales. Ces dernières montrent en effet que l’immense majorité des passoires énergétiques auraient été construites avant 1948, contre 5% entre 1949 et 1974, mais environ 2,5% entre 1975 et 1988.

Des chiffres qu’il convient donc de contextualiser du fait de l’échantillon utilisé pour chaque étude et de la méthode d’analyse.

  • La surface

Autre caractéristique faisant varier la performance énergétique d’un bien : la surface du logement. Sur ce point pas de surprise ! En effet, l’étude publiée confirme les résultats statistiques ministériels : les logements les plus petits sont les plus énergivores !

Pour expliquer cela, il suffit de penser aux équipements de base utilisées par la plupart des ménages. Quel que soit sa taille, un logement est en effet de nos jours généralement équipé de plaques de cuisson, d’un frigo, d’un four, d’un lave-linge et d’une télévision… entre autre. Et comme le DPE est calculé pour une consommation au m², les logements les plus petits sont naturellement les plus énergivores. CQFD.

  • L’étage

Chiffres à l’appui, l’étude statistique de l’État a montré que les passoires énergétiques sont plus fréquentes parmi les maisons individuelles que dans les logements situés dans un habitat collectif (18,4 % contre 14,7 %). Pour aller plus loin il est intéressant de questionner l’impact de l’étage dans la consommation énergétique. Et le constat est sans appel : l’étage d’un bien fait varier le DPE

Ainsi, d’après Flatlooker, il apparait que 40,5% des logements en rez-de-chaussée ont un DPE supérieur à E. Un chiffre qui tombe à 17,9 % pour un bien situé au 4eme étage. Et cela est très simple à comprendre. En effet, chaque appartement fait bénéficier ces voisins de la chaleur produite. Ainsi, un logement situé en étage profitera naturellement de la chaleur des appartements situés au dessus et en dessous. La facture sera de ce fait moins élevée et le DPE mieux noté. A choisir, on évitera donc les rez-de-chaussée !

  • La méthode de chauffage

Enfin, et cela semble évident, il apparait que le type de chauffage choisi a un impact très important sur la qualité du DPE. Ainsi, d’après Flatlooker, 36,7% des biens équipés d’un chauffage électrique auraient un DPE de F ou G, soit les pires notes, contre 16,7% lorsque le logement est chauffé au fioul. Et le chiffre tombe à 10,7% pour les logements chauffés au gaz. Mais attention, ce n’est pas pour autant qu’il faut considérer que les énergies fossiles sont préférables : à l’heure où la lutte contre les émissions de CO2 est une priorité, le fioul et le gaz doivent être abandonnés progressivement. Il faut aussi garder en tête que le calcul du DPE pénalise injustement le chauffage électrique : celui-ci devrait d’ailleurs bientôt bénéficier d’une nouvelle méthode de calcul plus avantageuse. En effet, la France possède l’un des mix électriques les plus décarbonés d’Europe.

Pour résumer, on retiendra donc qu’un grand logement en étage construit après les années 90 à toute les chances de présenter un DPE supérieur à E. Et l’influence de l’isolation, et notamment du type de vitrage choisi, nous direz-vous ? Et bien, de manière complètement contre intuitive, l’étude réalisée montre que le type de vitrage n’a que peu d’influence sur le DPE du bien. Cela pour une raison simple : les fenêtres ne représentent en moyenne que 15% de la déperdition thermique totale d’un logement. Leur influence sur la performance énergétique globale du logement est donc finalement plus limitée que d’autres facteurs.

Concrètement, si vous cherchez des solutions pour transformer votre passoire thermique en un logement douillet, n’hésitez pas à consulter notre guide pour tout savoir sur les aides à la rénovation énergétique.