Une récente étude, parue le 11 juillet dernier dans une revue éditée par l’Insee, s’intéresse aux APL et à leur effet sur l’accès au logement. Si ces aides sont censées réduire les inégalités et solvabiliser les ménages précaires, l’étude montre que les bénéficiaires ne sont malgré tout pas à l’abri de difficultés financières. Ils présenteraient même plus d’impayés que les ménages non bénéficiaires.

Les APL n’empêchent pas les impayés de loyers

Les APL sont-ils vraiment utiles aux ménages précaires ? L’étude récemment publiée par l’Insee remet en cause le caractère protecteur des allocations logement. Selon son auteure, les résultats « indiquent que les bénéficiaires d’allocations logement ne sont pas beaucoup mieux protégés. Les allocations logement ne permettent pas non plus de corriger les désavantages fondamentaux de certains ménages« .

Ainsi, 25,7 % des bénéficiaires d’allocations logements de la CAF ont rencontré des difficultés de paiement du loyer au cours des 24 derniers mois, tandis que les non-bénéficiaires ne sont que 11,5 % à s’être déjà retrouvés dans cette situation. La cause de ce phénomène est simple : les ménages touchant le plus d’aides sont aussi ceux ayant les revenus les plus faibles, et par conséquent les plus exposés.

Charges du logement et difficultés financières des locataires

Si les allocations logement permettent de soulager le poids du loyer pour les bénéficiaires (18,2 % de taux d’effort, 49,5 % s’ils n’avaient pas d’aides), les charges liées au logement qui viennent se cumuler à cette dépense font tout de même grimper le taux d’effort à 36,5 % (contre 31,5 % pour les non bénéficiaires). On se rend ainsi compte que les allocataires doivent assumer un poste de dépense qui, malgré les aides, augmente bien au-delà du plafond recommandé de 30 %, ce qui explique leur plus grande fragilité face aux difficultés financières. La situation est encore pire pour les ménages au bord de l’éligibilité, donc touchant des aides plus faibles : pour eux, les allocations « ne permettent ni de compenser le désavantage financier fondamental qu’ils rencontrent, ni de les mettre sur un pied d’égalité avec les autres en termes de risque. »

Selon l’étude, le risque de difficultés financières est plus élevé pour les familles monoparentales, les étrangers et les personnes ayant récemment perdu leur emploi. Les inégalités sont aussi fonction de la zone géographique : les habitants de la région parisienne auraient plus de risques de connaître ces difficultés, malgré des prestations plus généreuses.

Quelles solutions peut-on imaginer ?

Selon le site Capital.fr, l’enseignante chercheuse à l’origine de cette étude, Véronique Flambard, est favorable à une redistribution plus globale des allocations et une meilleure intégration de l’ensemble des politiques sociales.  En effet, le loyer n’est pas la seule source de problème financier pour les ménages précaires. Un constat qui plaide en faveur de l’allocation unique promise par Emmanuel Macron (qui n’est plus à l’ordre du jour), mais aussi pour la future réforme des APL visant à prendre en compte les ressources plus récentes pour le calcul.

A noter que l’auteure, à l’instar de nombreux autres spécialistes, estime que les aides au logement font artificiellement gonfler les loyers.