Si le ministre du logement Benoist Apparu reconnaissait fin janvier « l’importance de l’évaluation du niveau des loyers pour la politique du logement » force est de constater que les observatoires actuels continuent de présenter un loyer théorique au m2 pour une même ville.

Pour en finir avec les loyers théoriques au m2

Le ministre du logement Mr Apparu a confié récemment à l’ADIL et à OLAP une étude sur la faisabilité de créer un observatoire exhaustif du secteur locatif privé au niveau local. Il insiste sur le fait que ces données restent capitales pour orienter la politique du logement de l’Etat, des collectivités locales, des élus et des responsables du logement en général.

Lorsqu’on analyse les différentes études sur le marché locatif, l’unité reste invariablement le prix au m2 dans une ville quelle que soit la typologie du logement. Ainsi la dernière étude Clameur, présentée début mars 2012, diffuse un loyer au m2 pour les régions et la plupart des grandes villes. Il suffit pourtant d’analyser le prix par typologie de logement dans une ville pour se rendre compte de l’hérésie de cette démarche pourtant communément admise.

Ainsi dans une ville comme Toulouse, le loyer au m2 pour une chambre avoisine les 24 € le m2, celui d’un studio se situe à 18,13 €/m2 mais à 20,25 € s’il est meublé. Un T2 se loue vide 13,66 €/m2 et un T3 meublé se négocie à 12,62 €/m2. On trouve une maison F3 ou un appartement T4 vide à 11 €/m2 alors que les grandes maisons toulousaines (F5) ne dépassent pas les 9,50 €/m2. On comprend donc que le prix moyen de 11 €/m2 à Toulouse (source Clameur 2012) n’est absolument pas représentatif de la réalité du marché locatif.

Une nouvelle approche de l’étude du marché locatif privé

Pour en finir avec un loyer théorique au m2, nous avons imaginé le concept d’organigramme du marché locatif. Déposée à l’INPI, cette représentation originale des données immobilières démontre que chaque type de location est à lui seul un micromarché. L’organigramme du marché locatif est disponible au niveau national (ci-après), régional, départemental ainsi que pour les villes françaises disposant d’un parc locatif dynamique.

Nous n’avons bien sûr pas la prétention de remplacer les observatoires existants qui restent complémentaires. Toutefois, nous délivrons des données exclusives loin des stéréotypes d’un loyer théorique au m2 comme le démontrent les différentes analyses des marchés locatifs disponibles.

Des loyers analysés charges comprises pour coller à la réalité du marché

Il nous semble également important d’étudier les loyers charges comprises pour vérifier l’adéquation entre l’offre et la demande locative et estimer le poste logement des locataires. En effet, selon le logement et les régions, les bailleurs demandent des revenus de 2,5 à 4 fois le loyer + charges. Il est donc primordial d’évaluer le loyer chargé comme c’est d’ailleurs le cas pour la Garantie des Risques Locatifs (GRL) qui s’évalue toujours au regard d’un loyer mensuel charges comprises.

Faut-il conserver le loyer au m2 comme échelle de valeur ?

Pour répondre à la question initiale de ce billet, la réponse est oui si le loyer au m2 est calculé pour un même secteur, par typologie de logement et en distinguant les locations meublées et vides. Par contre lorsque des loyers au m2 sont présentés au mieux par nombre de pièces, sans distinguer les maisons et les appartements, les locations vides ou meublées, on peut réellement douter de la fiabilité des données. Pourtant force est de constater que ces chiffres sont repris depuis des années par toute la presse et servent même de base pour des études immobilières.

Organigramme du parc locatif vide en France (Cliquez pour agrandir)

Organigramme du parc locatif meublé en France (Cliquez pour agrandir)