Construction immeuble - Source image : contrepoints.orgMalgré les nombreux efforts du gouvernement en faveur des étudiants, le « Plan 40 000 » qui prévoit la mise en chantier de 40 000 logements étudiants durant le quinquennat risque fort d’être moins productif que prévu. A ce jour, seuls 8500 ont été bâtis.

458 millions d’euros d’aides aux étudiants

L’Unef et la Fage, les principaux syndicats étudiants, ont qualifié lundi dernier d’ « historique » les 458 millions d’euros d’aides que le gouvernement a débloqués depuis le début du quinquennat. Ces aides sont d’une part directes par le biais des bourses, et d’autre part indirectes avec en particulier la subvention de logements sociaux, des frais d’inscription et de la restauration universitaire. Si le nombre de bourses accordées progresse, les organisations étudiantes s’alarment pour les aides indirectes dont le budget a diminué de 6,8 millions d’euros en 2013, alors qu’il était en hausse en 2012. Les syndicats étudiants redoutent une augmentation des frais d’inscription, de sécurité sociale étudiante et des restaurants universitaires.

Le logement reste le problème majeur

Alors que le logement est le premier poste dans le budget d’un étudiant (48% au niveau national, 55% en Île-de-France), l’offre de logements gérés par les CROUS ne répond qu’à 9 % de la demande.

Face à ce constat, le gouvernement en a donc fait une de ses priorités : pour améliorer la réussite des étudiants et la démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur, 40000 logements étudiants doivent être construits sur l’ensemble du quinquennat, dont la moitié en Ile-de-France. Ceci correspond à une augmentation de 25 % du parc des CROUS, en plus des 165 000 logements déjà gérés. A ce jour, 8 500 ont déjà été bâtis et la construction du reste a été programmée mais ne sera sans doute pas effective en 2017. En attendant, les locations et les colocations dans le parc privé restent les solutions les plus répandues parmi les étudiants.

S’agissant des loyers dans le privé, les syndicats se déclarent aussi « inquiets » quant à la mise en place effective de l’encadrement des loyers prévu par la loi Alur de Cécile Duflot. Celui-ci devrait être déployé sur Paris d’ici la fin de l’année 2014, si l’on en croit les dernières déclaration de Manuel Valls.

Pourquoi est-ce si cher de se loger à Paris ?

Virginie Grolleau, journaliste au Nouvel Observateur, explique dans cet article : « C’est vraiment la force de la demande et l’attractivité de la ville qui font que les prix et les loyers ne baissent pas. Paris est une ville-monde, une grande capitale qui attire beaucoup de gens, donc il y a une très forte demande. De l’autre côté, il y a très peu d’offre, car on construit très peu à Paris ». Entre 2002 et 2012, on comptait seulement 8.000 logements neufs à Paris sur un parc de 1,3 millions. De plus, une part de ces constructions sont des logements sociaux qui ne sont pas accessibles à tout le monde. L’offre libre reste donc très faible.

Pour illustrer les prix des logements étudiants pratiqués dans le parc privé à Paris, LocService a publié cette vidéo :
Issue de l’Observatoire LocService, cette vidéo résume les principaux chiffres-clés du marché de la location étudiante à Paris.

Source : Les Echos