Si votre logement est colonisé par des moisissures, il va falloir en trouver la cause et la traiter. En effet, outre leur aspect et leur odeur désagréables, ces petits champignons peuvent provoquer des troubles respiratoires chez les occupants de l’habitation. Comment faire pour s’en débarrasser ? Qui doit en assumer les frais, le propriétaire ou le locataire ? Tour d’horizon de ce problème qui touche entre 14 et 20 % des logements en France (source Anses).

Les moisissures sont des champignons microscopiques, présents naturellement dans les matières en décomposition et dans les sols. Elles pénètrent dans les bâtiments par les ouvertures (portes et fenêtres), les habitants (vêtements, chaussures), les systèmes d’aération ou encore les animaux. Pour se développer, elles ont besoin de nutriments et surtout d’humidité. Et à force de proliférer, les champignons d’abord invisibles, deviennent visibles à l’œil nu en 48 à 72 heures.

D’où viennent les moisissures ?

Si vous voulez venir à bout des moisissures qui se sont invitées chez vous, la première chose à faire est de déterminer la cause de leur apparition. Les moisissures ne se développent jamais sans humidité. Mais d’où vient cette humidité, c’est ce qu’il va falloir déterminer.

Elle est souvent multifactorielle : défaut de ventilation, fuite dans vos salles d’eau (cuisine, salle de bain, WC) ou au niveau de vos machines (lave linge, lave-vaisselle), mauvaise isolation avec l’extérieur, occupation excessive du logement, ou mauvaises pratiques de l’occupant… Il suffit parfois d’un simple pont thermique (zones froides sur un mur ou en bordure de fenêtres anciennes par exemple) pour que viennent s’y développer, plus ou moins rapidement, des moisissures.

Les moisissures peuvent se développer partout dans la maison : sur les plafonds, les murs, les moquettes, autour des fenêtres, dans les placards. Elles s’accompagnent d’une odeur caractéristique. Parfois, avant de voir les taches noires ou verdâtres apparaître, on perçoit que les murs ou les sols gonflent ou s’écaillent. Et ça, c’est mauvais signe.

Moisissure sur pont thermique

Développement de moisissures au niveau d’un pont thermique.

Comment prévenir les moisissures ?

1/ Agir vite en cas de dégât des eaux

Cela peut paraitre évident mais les fuites d’eau sont parfois longues à détecter. Et si l’on n’agit pas vite après un dégât des eaux, voilà le lit parfait pour de futures moisissures. Si vous détectez une fuite d’eau dans votre logement (derrière vos machines, sous l’évier, sous le lavabo de la salle de bain, etc….), placez des bassines, épongez, et appelez un plombier !

2/ Ventilez !

Les VMC (ventilation mécanique contrôlée) sont obligatoires depuis 1982. Elles doivent fonctionner en permanence pour être efficace. Ne les bouchez jamais, même si le courant d’air qu’elle crée vous dérange. C’est ce courant d’air qui permet d’assainir votre logement et croyez-nous, il vaut mieux le supporter que de voir vos murs noircir de moisissure !

Nettoyez régulièrement les bouches d’aération qui se trouvent dans vos pièces humides. Car si elles sont pleines de poussière, elles ne vous serviront pas à grand chose.

Enfin, laissez l’air circuler dans le logement. En hiver, on peut avoir tendance à tout calfeutrer pour ne pas « chauffer dehors ». Mais les boudins de portes et autres rideaux épais, s’ils limitent les déperditions d’énergie, ne laissent pas non plus l’air circuler et assécher les zones humides. Idéalement, il faudrait un espace de 2 cm sous les portes (intérieures) pour une circulation de l’air optimale.

3/ Maitrisez le niveau d’humidité de votre maison

Adaptez le rythme auquel vous aérez votre logement à vos pratiques : au moment de relâcher la vapeur de votre cocotte minute, après avoir pris une longue douche chaude, ouvrez vos fenêtres quelques minutes. Installez une hotte aspirante avec extraction dans la cuisine et allumez-la dès que vous avez quelque chose sur le feu. Vérifiez également que votre sèche-linge évacue bien sa vapeur vers l’extérieur ou que le réservoir de récupération de l’eau est vidé régulièrement.

DéshumidificateurEn dernier recours, n’oubliez pas qu’il existe des déshumidificateurs, c’est-à-dire des appareils pouvant diminuer le niveau d’humidité dans votre logement. Les petits appareils de type « Peltier » (une cinquantaine d’euros) n’ont qu’une efficacité limitée et doivent être réservés aux petites pièces.

Les déshumidificateurs à compresseur, plus gros et plus chers (à partir de 150 € environ) sont bien plus efficaces et permettent par exemple de faire sécher vos vêtements à l’intérieur sans créer de problèmes d’humidité.

4/ Gare aux plantes vertes

Le terreau des plantes vertes est idéal pour la prolifération des champignons. Au moi de mai, lorsque que la végétation est en pleine croissance, surveillez vos pots en enlevez régulièrement toute trace de moisi. De plus, de manière générale les plantes ont tendance à rendre l’air ambiant plus humide, il vaut donc mieux veiller à ne pas en avoir en trop grand nombre. A noter que certaines espèces peuvent au contraire aider à absorber l’humidité.

5/ Des moisissures apparaissent : éliminez-les tout de suite

Si malgré tout vous voyez des moisissures apparaitre, réagissez rapidement, tant que la tâche est limitée. Une éponge, du liquide vaisselle, du vinaigre blanc ou de l’eau de javel feront l’affaire. En revanche, si la zone de moisissure excède 3 m², faites appel à un spécialiste qui saura vous en débarrasser.

Ce qu’il ne faut pas faire : surtout ne vous avisez pas de camoufler les moisissures par de la peinture ou la pose d’un nouveau revêtement. Ce sera reculer pour mieux sauter, avec des dégâts empirés. Si vous êtes propriétaire et êtes tenté par cette option entre deux locataires, il y de grandes chances pour que votre forfait soit révélé au premier hiver. Et si vous êtes locataire, aussi ! N’utilisez pas non plus de nettoyeur sous pression, qui détrempera encore davantage le matériau atteint.

Locataire ou propriétaire : qui est responsable ?

Vous l’avez compris, le locataire en tant qu’occupant est responsable de ses pratiques. S’il bouche les aérations, ne répare pas les dégâts causés par ses machines, ne chauffe pas son logement ou laisse des moisissures s’étendre sans réagir, ce sera à lui de réparer. Sachez d’ailleurs que si les moisissures viennent d’un manque d’aération du locataire, le sinistre ne sera pas pris en charge par son assurance. La plupart des contrats excluent les effets de la condensation et de l’humidité de leurs garanties.

Le propriétaire a également une obligation : délivrer un logement décent. Et « décent » comprend un système de ventilation efficace et une isolation correcte. Mais les règles de décence, définies dans un décret de 2002, ne sont pas bien définies en matière d’isolation. On sait simplement que le logement doit être intégralement protégé contre toute infiltration d’eau, que ce soit par les fenêtres, les murs, le toit, ou le sol.
En cas d’apparition de moisissures dans le logement, le locataire devrait immédiatement prévenir son propriétaire. Dans toutes les situations potentiellement conflictuelles, l’absence de communication est toujours aggravante ! Une fois le constat fait, soit locataire et propriétaire se mettent facilement d’accord sur les travaux à entreprendre et leur répartition. Soit chacun se renvoie la balle et il faudra dans ce cas faire appel à un expert pour déterminer la cause des moisissures et à qui en revient la responsabilité.

Nous vous invitons dans ce cas à contacter l’Adil de votre département qui sera la mieux à même de vous guider.

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