S’il était encore nécessaire de le prouver, les chiffres d’une récente étude montrent à nouveau l’étroite corrélation entre le taux de locataires d’un pays et son dynamisme économique. A l’heure où les candidats à la présidentielle peaufinent leur programme, il est important de rappeler qu’une France de propriétaires n’est pas forcément la meilleure option.

La récente étude du Crédit Foncier sur le marché immobilier des pays d’Europe, déjà évoquée dans cet article, fait le point sur le PIB des principaux pays ainsi que sur la proportion locataires/propriétaires. Cela nous donne ainsi l’occasion de faire un rapprochement entre ces deux données.

Le graphe de gauche ci-dessous indique la proportion locataires/propriétaires des principaux pays d’Europe (source Eurostat/Crédit Foncier). Si la moyenne en Union Européenne se situe à 30 % de locataires, on remarque à première vue que les pays les plus influents présentent un taux de locataires supérieur, par exemple 35 % pour la France et jusqu’à 48 % pour l’Allemagne. Nous avions d’ailleurs analysé le cas particulier de nos amis d’outre-Rhin dans notre « match de l’immobilier » France-Allemagne à (re)découvrir ici.

Le graphe de droite, en jaune, indique le PIB (Produit Intérieur Brut) par habitant pour les mêmes pays, classés par ordre croissant (source Eurostat/Crédit Foncier). On rappelle que le PIB reste l’indicateur principal de l’activité économique d’un pays.

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On peut constater que les 4 pays ayant le plus faible PIB par habitant sont précisément ceux ayant la proportion la plus faible de locataires, quasiment dans le même ordre. A l’inverse, les 4 pays les plus riches correspondent bien aux 4 pays ayant le plus de locataires.

On ne peut donc nier qu’il existe bel et bien une corrélation entre taux de locataires et dynamisme économique, même s’il ne s’agit évidemment que d’un paramètre parmi d’autres. Il est évident qu’une meilleure mobilité des salariés, ce qui est plus facilement le cas quand ils louent leur logement, favorise l’emploi et la compétitivité des entreprises qui peuvent ainsi trouver plus facilement des candidats adaptés (nous en parlons d’ailleurs ici).

Poursuivre l’objectif d’une « France de propriétaires » ne devrait donc, a priori, pas être un axe de travail prioritaire. En revanche, construire dans les zones tendues pour infléchir la hausse des loyers et favoriser l’accès au logement des travailleurs semble essentiel.