Avec le prélèvement à la source, le salaire net des locataires imposables va diminuer significativement. Certains verront leur fiche de paie amputée de plusieurs centaines d’euros. Quid alors de la fameuse règle du « gagner 3x le loyer » pour obtenir une location, généralement appliquée par les agences comme par les loueurs particuliers ?

Pour qu’une candidature de locataire soit considérée comme viable pour un bailleur, ce dernier demande généralement que le candidat gagne au moins trois fois le montant du loyer. Cela permet ainsi de rassurer le propriétaire quant à la capacité du locataire à régler ses loyers tout en conservant un reste à vivre suffisant. Par conséquent, la loi autorise le bailleur à réclamer les 3 derniers bulletins de salaire de chaque candidat (entre autres, voir la liste complète des justificatif autorisés) pour étudier son dossier.

Mais que se passera-t-il lorsque ces bulletins verront leur montant diminué après le prélèvement à la source ? C’est ce montant qui reflétera réellement les ressources mensuelles du candidat ; avant le prélèvement à la source, le salaire net n’était finalement pas tout à fait représentatif car il ne comptait pas les impôts sur le revenu. Les habitudes devront donc peut-être changer un peu chez les bailleurs pour sélectionner les candidats :

  • Soit prendre en compte le salaire (ou la retraite, la pension,…) avant impôt pour calculer la règle du « 3x le loyer ». Mais dans ce cas, il ne faut pas oublier que ce salaire avant impôt ne reflète pas les ressources réelles du candidat ;
  • Soit assouplir ce taux, et non plus demander 3 fois le loyer, mais 2,5 fois par exemple (ce que font déjà certains). Cela implique que les locataires non imposables bénéficieront aussi de cet « élargissement » ;
  • Soit continuer d’appliquer la même règle vis-à-vis du salaire net d’impôt, au risque de réduire les candidats éligibles.

Cette réflexion concerne  non seulement le secteur locatif, mais aussi bien sûr le domaine du crédit et du prêt bancaire qui se base aussi en général sur un taux d’endettement de 33 % maximum.

Et vous, quelle méthode pensez-vous appliquer ?