Sujet sensible en cette période préélectorale, le logement sera un des chantiers du prochain quinquennat. Et à moins de cinq mois du scrutin, les professionnels du secteur attendent des propositions concrètes de la part des candidats à la présidentielle de 2022. Le Sommet de la construction qui s’est tenu le 21 octobre dernier ou le dernier Congrès annuel de la FNAIM a permis certains d’entre eux de s’exprimer sur le sujet. Alors quelles sont les propositions des candidats s’étant exprimés en terme de politique du logement ?

Les attentes des professionnels du secteur

Les professionnels du secteur les attendaient au tournant… Que ce soit lors du très politique dernier sommet de la construction à Paris organisé par la FFB, ou lors du dernier congrès de la FNAIM, les représentants des deux fédérations ont clairement annoncé leurs attentes.

La Fédération française du Bâtiment, qui représente 50.000 entreprises dont 35 000 TPE-PME artisanales, ambitionne en effet de « faire du logement une grande cause nationale ». De même, Jean-Marc Torrolion, Président de la FNAIM veut replacer le logement au cœur de la campagne présidentielle : « Le logement occupe une place centrale dans le quotidien des Français : il doit pleinement prendre sa place dans la présidentielle, à la hauteur des défis qui se posent au parc français. »

Si l’enjeu de la rénovation du parc immobilier français et de l’accès à la propriété sont les deux thèmes majeurs pour tous les candidats , les solutions envisagées sont quant à elles diamétralement opposées… Petit tour d’horizon des mesures proposées par les différents candidats invités en matière de politique du logement.

Anne Hidalgo, Parti Socialiste

Anne Hidalgo a remportée il y a quelques jours l’investiture du Parti socialiste pour 2022. Et en terme de politique du logement, l’actuelle maire de Paris souhaite dédier une partie des fonds du plan de relance au logement mais aussi « décentraliser des investissements ». Elle a ainsi déclaré lors du dernier Sommet de la Construction : « Si je suis présidente de la République, je reprends ce plan de relance et je mets le paquet sur l’investissement dans la construction de logements et dans la lutte contre les passoires thermiques à travers les collectivités locales ».

Et la candidate socialiste entend favoriser les rénovations énergétiques globales et non plus « par gestes ». Concrètement, Anne Hidalgo prévoit la création d’une « prime climat à la pierre » pour aider les ménages à réaliser des travaux d’économie d’énergie. Elle se composerait d’une subvention et d’une avance remboursable pour permettre le financement du reste à charge des travaux de rénovation. Autre solution développée concernant les copropriétés : faire évoluer les règles de majorité pour faciliter les travaux de rénovation énergétique et faire financer les travaux de rénovation énergétique par des Organismes fonciers solidaires (OFS) avec un remboursement progressif par les occupants.

Yannick Jadot, Europe Ecologie Les Verts

Le vainqueur de la primaire d’Europe Écologie Les Verts prévoit quant à lui un investissement massif sur le logement et le bâtiment avec un budget de 10 milliards d’euros. Il a évoqué un droit à la rénovation gratuite avec une « prise en charge globale des frais de rénovation des logements » pour les 1,7 million de foyers les plus pauvres.

Le candidat écologiste prévoit également de mettre en place une assurance loyers impayés obligatoire pour les bailleurs. Et comme Anne Hidalgo, il envisage de faire évoluer les règles de majorité dans les copropriétés afin de faciliter les travaux de rénovation énergétique.

Arnaud Montebourg, La Remontada

L’ancien ministre de François Hollande Arnaud Montebourg veut quant à lui accompagner un « retour à la terre ». Concrètement, le candidat mise sur deux propositions phares en terme de politique du logement.

Tout d’abord la mise en place d’un « préfet constructeur » pour répondre sur chaque territoire aux besoins en logement souvent défaillants.

Par ailleurs, il propose que l’Etat acquiert à faibles coûts des logements anciens pour les attribuer gratuitement à « ceux qui rêvent de quitter les métropoles », pour qu’ils puissent les rénover eux-même. Ce qui concernerait d’après le candidat plus de 10 millions de français en mal de ruralité.

Valérie Pécresse, Les Républicains

Suite à sa victoire face à Eric Ciotti pour l’investiture du parti Les Républicains, Valérie Pécresse a tenu à s’engager en terme de politique du logement. Son cheval de bataille ? Alléger les contraintes administratives qui pèsent sur le secteur de la construction.  Ainsi la présidente de la région Île-de-France a déclaré : « Je mettrai en place un comité de la hache qui devra réduire de moitié les codes juridiques ». Concrètement il s’agira de simplifier et de dématérialiser les procédures liées à la construction et de réduire à un délai maximal de 6 mois les jugements liés à des opérations immobilières, contre deux ans aujourd’hui.

Autre mesure phare de la candidate Les Républicains : la généralisation du Prêt à Taux Zéro à l’ensemble du territoire pour tous les primo-accédants sous condition de revenus et des prix de l’immobilier.

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Marine Le Pen, Rassemblement National

De son côté, la candidate du Rassemblement National fait du logement social une priorité. Sans surprise, elle souhaite accorder la priorité nationale pour l’accès aux logements sociaux. La résolution de la crise du logement, passera pour Marine Le Pen par « le rétablissement de la sécurité qui doit freiner la réticence des maires à construire des logements sociaux face aux risque de communautarisation ».

Par ailleurs, la candidate envisage la suppression de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), mais également un abattement de 300 000 € sur les droits de succession pour permettre aux héritiers de conserver le patrimoine immobilier familial.

Afin de faciliter l’accueil des néoruraux, Marine Le Pen propose également de mettre en place la vente de logements à bas prix en échange d’un engagement d’installation.

Fabien Roussel, Parti Communiste

Du côté de l’extrême gauche, Fabien Roussel propose d’investir une enveloppe de 10 milliards d’euros au cours du futur quinquennat pour engager un vaste plan de rénovation énergétique des logements sur le territoire.

Il a par ailleurs affirmé « le droit de se loger pour tous » et plus encore de construire des maisons individuelles pour ceux qui le souhaitent. Pour le candidat « les mairies doivent avoir les moyens de donner des permis de construire »  afin de résoudre au niveau local les problèmes de logement.